Troisième partie : les années réseaux

La mise en place des réseaux et les années de formation

(actualisé le )

Est-il besoin de dire que, lors de l’apparition des réseaux, j’étais complètement nul en la matière ? En effet, si l’on excepte le Nanoréseau, je n’avais jamais eu besoin d’un réseau auparavant. Chez moi, je m’étais acheté un PC moderne pour l’époque, après avoir beaucoup hésité sur l’achat d’un Mac. Mais la raison professionnelle prédomina. J’avais donc un engin doté d’un processeur cadencé à 4,5 Mhz, ultra rapide !, avec un disque dur gigantesque de 20 Mo. Au collège, les machines étaient individuelles.

Ce furent les experts du CRDP qui vinrent au collège m’installer Novell, et qui me mirent le pied à l’étrier. Mais gérer un réseau n’a rien à voir avec l’utilisation simple d’une seule machine. C’est un travail monumental qui demande un investissement quasi permanent. De cela je m’aperçus instantanément. J’étais toujours sur la brèche : optimiser, gérer, nettoyer, réparer, ajouter des machines supplémentaires ou des logiciels, c’était du genre infini.

Il y eut aussi le travail du câblage, avant que le collège ne fût entièrement restauré.

Au début, il n’y avait ni RJ45, ni paire torsadée, mais un vulgaire cable genre antenne télé... On clouait ça comme on pouvait avec des pontets le long des plinthes, derrière les rayonnages, on les faisait passer dans des goulottes en caoutchouc collées à même le sol. J’avais installé le serveur dans la salle dont on avait blindé la porte, et j’avais du percer la cloison de cinquante centimètres d’épaisseur pour faire sortir le câble... Un travail de bénédictin.

Comme ce réseau fut opérationnel très tôt au début des années 90, et que Julie m’avait recruté comme formateur au même moment, il fournit le support à de nombreux stages de formation à Memolog. Des zones de formation avaient été déterminées, et il m’échut la zone Lozère - Gard Nord. Cela représentait tout de même environ une bonne douzaine de collègues qui venaient régulièrement en formation sur Memolog, puis sur BCDI, par séances de deux à trois jours d’affilée. C’était très lourd pour un seul homme. C’est pourquoi un beau jour, après nous en être entretenus évidemment, Jean Claude, documentaliste au Lycée d’Alès, me fut adjoint par les autorités compétentes.. Et pendant de nombreuses années nous avons fait équipe ! Filopatte et Patafil, les deux inséparables sillonnaient les routes de l’Académie. Nous avons organisé des stages, un peu partout. C’était fort intéressant, enrichissant, mais crevant, même à deux.

C’est ainsi que j’accumulais expérience et documents qui, plus tard, devaient me servir lorsque je mis en place le site DocpourDocs.

Mais cette expérience ne portait pas seulement sur les aspects techniques et logiciels de la gestion informatique et sur le réseau. Très vite en effet, et dès la réflexion sur Doctel et les Thésaurus informatisés, nous étions déjà quelques uns à avoir compris tout le partie pédagogique qu’on pouvait en tirer du point de vue de l’enseignement des capacités d’information.

Dès cette époque on voyait parfaitement arriver l’énorme vague déferlante, le tsunami de l’information massive et asphyxiante.

Ces logiciels et ces thésaurus informatisés, organisés en arborescence nous sont immédiatement apparus comme de nouveaux outils motivants et utiles pour apprendre aux élèves à trier, classer, comprendre, utiliser l’information, et savoir la transformer en une documentation intelligente, en une culture.

C’est ainsi, dans ce contexte, que nous conçûmes d’entrée le projet de la R.D.A.O qui devait plus tard devenir un thème de formation académique.

La prochaine fois :

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